Parce que la vie mérite d'être vécue et aimée. Parce que sourire est la première ouverture. Et, que la communication, importante, vient ensuite. Et, que le blog me permet de partager avec vous mes coups de coeur, réflexions et avis.
 

Mercredi 13 août 2008
    Mes jeux

     Un très court billet, pour donner des nouvelles en plein mois d'aôut.
    Je ne parlerais pas des JO. Peut-être à cause d'un boycott, ou peut-être à cause d'un suivi de loin. Eh oui, j'ai une grosse occupation en ce moment. Et, c'est parfois encore plus laborieux qu'arriver à pied par la Chine !  Bref, à coeur vaillant, rien d'impossible, et je me batterais.
    Pendant, ce temps-là, je laisse nos sportifs faire preuve de bravitude, sous, sur, autour de la Muraille de Chine, et enthousiasmer le Pékin moyen. Nos athlètes français ont travaillé plus pour gagner plus d'argentn jusqu'à maintenant. Même si enfin est arrivé l'or, sans qu'il soit venu de Laure. En tout cas, il a été acquis de haute lutte ! Come on !


    Sondage

    Ah oui ! On va aussi bientôt revoir l'équipe de France de football à l'oeuvre, avec un match amical qui se profile contre les Suédois. Quelle visage afficheront les Bleus, avec une fédération française qui marche sur des oeufs, un Raymond Domenech qui ne se laissera pas marcher sur les pieds,  et un Alain Boghossian bombardé "Monsieur Bonne Ambiance" dans le staff.
       Raymond Domenech a communiqué sa liste, comportant beaucoup de joueurs de Ligue 1 (la compétition hexagonale venant de reprendre, Lyon devant). Maintenant, je me rappelle que je vous avais laissé un petit sondage sur le nouveau capitaine des Bleus. Je n'ai eu que 4 réponses. Deux votes pour Jérémy Toulalan, un pour William Gallas, et un pour Grégory Coupet. Le nouveau gardien de l'Atletico Madrid, n'a pas encore vraiment repris, et n'a pas été appelé. Il est vrai que côté gardiens, la hiérarchie en Bleu est à reconstituer : on a cinq gardiens : Grégory Coupet, Sébastien Frey, Steve Mandanda, Mickaël Landreau et Hugo Lloris, aucun d'entre eux ne partant avec une longueur d'avance, Landreau semblant toutefois avoir une longueur de retard. Il est fort logique que Raymond Domenech ait appelé les deux jeunes, Mandanda et Llloris, qui sont plus dans le rythme de la compétition, pour ce match amical. Lors de celui-ci, notons aussi que Philippe Mexés et Bakary Sagna, vont sans doute jouer une partition importante pour déterminer leur place dans la future équipe de France. Pour tous les autres aussi évidemment, c'est l'occasion de montrer où ils en sont, même si certains ont plus de certitudes, comme Jérémy Toulalan, qui, sauf accident, semble avoir une place bien chaude chez les Bleus, ou Rod Fanni, qui est avant tout là pour dépanner, sauf superbe saison à venir. Et, donc, dans ce match amical, on devrait voir aussi un nouveau capitaine des Bleus... Avec l'ombre de Patrick Vieira, encore une fois blessé, pas sûr que le brassard soit attribué de façon définitive... Mais, néanmoins, c'est peut-être le dernier moment pour voter sur qui vous voyez comme capitaine des Bleus en 2010....

  
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    Bon mois d'août


Mercredi 30 juillet 2008

            Le Tour de France 2008 a rendu son verdict :

 

            -Gert Steegmans sauve le tour des Quikstep et prouve qu’il n’est pas que le poisson pilote de Tom Boonen (absent du tour à cause d’un contrôle positif à la cocaïne) , mais aussi un sprinter puissant, en remportant l’étape de prestige des Champs-Elysées

            -Côté sprinters, Oscar Freire, l’Espagnol de Rabobank, conserve facilement son maillot vert, puisque mis à part l’arrivée au Champs-Elysées, il n y eut pas de sprint massif dans la dernière semaine, et les points furent répartis entre les différents attaquants de la journée. Thor Hushovd et Erik Zabel terminent sur le podium du classement par points

            -Parmi les attaquants, Sylvain Chavanel a fini par échapper à la meute, et conclure victorieusement une échappée. Le plus combatif du Tour s’était échappé en compagnie d’un autre français Jérémy Roy (Française des Jeux) à la moitié de l’étape allant à Montluçon (la dernière occasion avant le contre-la-montre et l’étape des Champs-Elysées) Sylvain Chavanel, avant de quitter son équipe Cofidis et de rejoindre Quikstep, a été désigné le plus combatif du Tour et a enfin eu sa première victoire d’étape sur le Tour.

            -En plus de lui et de son coéquipier Samuel Dumoulin en première semaine , on a eu le droit à une autre victoire française avec Cyril Dessel au bout de la descente sur Jausiers, après une étape avec deux cols hors-catégorie : la Lombarde et la Bonnette-Restefonds. Le coureur d’Ag2R s’était d’abord intégré dans un gros groupe de contre-attaque dans le col de la Lombarde, lancé à la poursuite des quatre premiers échappés du jour : l’Allemand Stefan Schumacher, les Français Thomas Voeckler et Christophe le Mével et un Suisse. Tandis que Schumacher, l’ancien maillot jaune, lâchait tour à tour ses compagnons d’échappés, derrière le gros groupe d’une vingtaine de coureurs, où on trouvait notamment Cyril Dessel, Sylvain Chavanel (une fois de plus échappe), Juan-Antonio Flecha l’Espagnol pour la Rabobank, George Hincapie l’Américain de Team Columbia, John-Lee Augustyn, le Sud-Africain de Barloworld, Jaroslav Popovych l’Ukrainien pour la Lotto, Jens Voigt et Arvesen pour la CSC, David Arroyo, Nicolas Portal et un autre de leurs coéquipiers de la Caisse d’Epargne, plusieurs petits groupes se détachaient, avec notamment Sandy Casar de la Française des Jeux, David Moncoutié de la Cofidis et des coureurs classés entre la 10éme et 20éme place du classement général, comme le jeune Belge de Cofidis, Maxime Montfort, l’Italien Damiano Cunego, ou Tadej Valjavec le Slovène d’Ag2R. Mikel Astarloza, 11éme du général à ce moment-là, ne parvint jamais à revenir sur les groupes devant lui. En revanche, dans la vallée entre les deux cols, il y eut un regroupement assez large des échappés derrière Stefan Schumacher. Les Lampre (Paolo Tiralongo et Szmydt) avait effectué un travail certain pour leur leader, tandis que les Cofidis, David Moncoutié et Sylvain Chavanel avaient essayé d’épauler Maxime Montfort. A mi-pente de la Bonnette-Restefond, ce furent les Ag2r qui prirent leurs responsabilités. Cyril Dessel accéléra le rythme du groupe pour faire gagner du temps à Tadej Valjavec. Cela provoqua la perte de nombeux coureurs, dont Maxime Montfort, et Damiano Cunego. Au final, avec Cyril Dessel et Tadej Valjavec, il ne resta plus que les Caisse d’Epargne, David Arroyo et Nicolas Portal, John-Lee Augustyn, Jaroslav Popovych, Sandy Casar, George Hincapie et son coéquipier bélarus Konstantin Sioutsiou. Ils rattrapèrent puis lâchèrent Stefan Schumacher. Et, John-Lee Augustyn donna un dernier coup d’accélérateur dans le dernier kilomètre pour passer en tête au sommet du plus haut col du Tour. L’Afrique du Sud fut donc à l’honneur en haut, mais pas en bas. Le Sud-Africain chutait dans un ravin de pierraille. L’image fut spectaculaire, mais heureusement, il y eut plus de peur que de mal. Ce furent quatre hommes qui finalement se disputèrent la victoire à Jausiers. Et Cyril Dessel fut le plus malin en devançant ses compagnons d’échappée avant le dernier virage, pour gagner devant Sandy Casar (doublé français, donc, comme pour plus tard Sylvain Chavanel et Jérémy Roy), David Arroyo et Jaroslav Popovych.les quatre bouquets de Marc Cavendish

            -On avait eu aussi parmi les Français à l’honneur Romain Feuillu, qui porta une journée le maillot jaune, avant d’en être dépossédé par Stefan Schumacher dans le premier contre-la-montre. En tout et pour tout, Romain Feuillu se classa trois fois troisième d’étape dans ce Tour de France : une fois battu au sprint dans le groupe d’échappé, une fois dans un sprint massif, comme je l’ai déjà évoqué. Et, la dernière fois, ce fut l’étape de Saint-Etienne, où il régla un groupe de trois coureurs, avec aussi Christophe le Mével et Mikel Astarloza, après n’avoir pu suivre l’Allemand de Team Columbia Marcus Burghardt dans la côte à mi-parcours. Le Grand Allemand avait ensuite rejoint Carlos Barredo pour l’accompagner et le battre au sprint à l’arrivée. Cinquième succès d’étape pour la Team Columbia après . Pour en revenir à Romain Feuillu, ce qui l’avait un peu handicapé sur cette étape, marquée aussi par les difficultés de Damiano Cunego suite à une chute qui causa finalement son abandon, c’était des ennuis intestinaux. Le jeune Français eut encore des problèmes l’étape suivante, puisqu’il fût lâché par le peloton en compagnie de Fabian Wegmann, le champion d’Allemagne, et Juan-Antonio Flecha. Les trois hommes arrivèrent hors délais par rapport au vainqueur du jour, Sylvain Chavanel, ce qui les empêcha de voir les Champs-Elysées, contrairement à Wim Vansevenant le Belge de Lotto, qui avec habileté parvint à terminer le Tour lanterne rouge (dernier du classement)

            -J’ai évoqué plusieurs fois dans les paragraphes précédents Stefan Schumacher. Dans la dernière semaine, on le vit presque aussi souvent que Sylvain Chavanel s’échapper. Echappées non victorieuses. En revanche, deuxième victoire pour le deuxième contre-la-montre, celui du samedi

            -Ce contre-la-montre fut décisif pour le classement général, et donc il est temps pour moi d’évoquer comment Carlos Sastre a gagné ce Tour.

 

            Après l’étape de Prato Nevoso, l’équipe CSC avait le maillot jaune par l’intermédiaire de Franck Schleck, mais avec un écart minime, sous la menace directe de bons rouleurs de contre-la-montre comme Cadel Evans, Denis Menchov ou même Christian Vandevelde. A part distancer légérement Christian Vandevelde et le sortir de la course au maillot jaune, l’étape Cuneo-Jausiers ne permit pas au CSC de développer une tactique offensive. Ils avaient bien envoyé deux coéquipiers, Jens Voigt et Arvesen à l’avant, qu’ils avaient ensuite récupéré pour les aider dans le col de Bonnette, mais le vent qui soufflait au sommet les avaient dissuadés de passer à l’attaque. Avec la descente après, la fatigue dépensée pour gagner quelques secondes aurait pu être préjudiciable pour l’étape suivante. De plus, en dehors d’Andy Schleck, qui lui était trop loin du maillot jaune, personne ne semblait très en forme dans le groupe maillot jaune. Les favoris arrivèrent donc tous ensemble à Jausiers, près de deux minutes après Cyril Dessel. Seul Denis Menchov déboursa trente secondes en étant lâché dans la descente. Au classement, Franck Schleck précédait toujours le maillot à pois Bernard Kohl de sept secondes, Cadel Evans de huit secondes et son coéquipier Carlos Sastre de cinquante secondes. Denis Menchov était désormais cinquième à près d’une minute, et Christian Vandevelde sixième à plus de deux minutes. Alejandro Valverde, qui, à l’exception notable de l’étape d’Hautacam, réussissait toujours à suivre les meilleurs, était septième du général. Dans le top 10, on retrouvait aussi Samuel Sanchez, d’Euskatel et Tadej Valjavec, grâce à son échappée du jour. Andy Schleck, lui, reprenait le maillot blanc de meilleur jeune à Vincenzo Nibali. Le jeune Luxembourgeois le conserva jusqu’au bout, en gardant à l’œil le tchéque Roman Kreuziger (on vit même Schleck et Kreuziger s’échapper avec Dessel et Dumoulin, les régionaux de l’étape de Saint-Etienne)

            Les CSC avaient donc remis à l’étape des trois cols hors-catégorie : Galibier, Croix de Fer, et Alpe d’Huez, la dernière grande étape de montagne, le projet de reprendre du temps à Cadel Evans. Seule la montée finale fut vraiment décisive. Avant, des coureurs comme Peter Velits le Slovaque et Stefan Schumacher avaient eu l’occassion de s’échapper, la CSC avait eu l’occasion d’imprimer un bon rythme dans les cols, et le Français Jérôme Pineau avait eu l’occasion de s’échapper dans la descente de la Croix de Fer, rejoindre Peter Velits à l’avance et aborder seul en tête les virages mythique de l’Alpe d’Huez. Dès après le premier virage, il fut rattrapé par le groupe des favoris d’où s’était extrait Carlos Sastre. L’Espagnol avait décidé d’attaquer dès le pied, avec l’accord de son co-leader Franck Schleck, qui lui devait surveiller Cadel Evans avant éventuellement de le contrer ou de tenter sa chance si Sastre coinçait. C’était donc la tactique de la tenaille . Tactique qui aurait pu être mise à mal si Denis Menchov avait réussi à s’accrocher à la roue de Carlos Sastre. Mais, le Russe ne tint pas le rythme et il fut lâché par Carlos Sastre, mais aussi par le groupe maillot jaune, mené par Bernard Kohl, le maillot à pois. Le groupe des favoris resta un moment à vingt secondes de Carlos Sastre, avant que l’Espagnol finisse par prendre le large. En effet, le groupe maillot jaune progressait par à coup, au rythme des accélérations de Bernard Kohl, d’Alejandro Valverde, Samuel Sanchez ou Vladimir Efimkin, tous rattrapés par Andy Schleck, et des temporisations qui suivaient. Ce rythme en dents de scie permit au Ag2R, Tadej Valjavec et Stéphane Goubert, et même Denis Menchov de recoller. Les Ag2R étaient donc trois dans ce groupe. C’est pourquoi on vit Stéphane Goubert se porter en tête, pour faire avancer un peu le groupe pour ses deux leaders, Efimkin et Valjavec. Christian Vandevelde, aussi présent roula. En revanche, l’autre équipe représentée par plus d’un coureur, CSC, avec les deux frères Schleck, ne roulait pas, et pour cause, il fallait protéger la fuite de Carlos Sastre, dont l’avance approchait deux minutes. Franck Schleck savait qu’il était prisonnier de la tactique de son équipe et qu’il allait perdre son maillot jaune. Quant à Andy, il était fort, mais ne donna pas de bon de sortie pas même à Stéphane Goubert, le moins dangereux au classement général. Finalement à cinq kilomètres de l’arrivée, Cadel Evans prit ses responsabilités et donna tout pour limiter l’écart sur Carlos Sastre. L’Espagnol leva les bras sur la ligne : gain d’étape, et gain du maillot jaune. Plus de deux minutes après, arrivèrent Samuel Sanchez et Andy Schleck, qui précédaient un peu le reste du groupe des favoris : Franck Schleck, Christian Vandevelde, Alejandro Valverde, Vladimir Efimkin, Cadel Evans, Bernard Kohl, Denis Menchov, Tadej Valjavec et Stéphane Goubert. Cadel Evans était désormais quatrième du général à un peu plus d’une minute trente de Carlos Sastre, un écart qu’il pouvait combler dans le contre-la-montre final. Derrière Carlos Sastre, le deuxième du général était Franck Schleck, son coéquipier, juste devant Bernard Kohl.

            Pour le dernier contre-la-montre, on s’attendait à ce que ces deux derniers, plutôt grimpeurs, disparaissent du podium, au profit par exemple de Denis Menchov. Quant à la première place, elle se jouerait entre Carlos Sastre et Cadel Evans, deux coureurs habitués des places d’honneur dans les derniers Tours de France.

            Finalement, Carlos Sastre ne concéda contre toute attente qu’une trentaine de secondes à Cadel Evans dans l’épreuve chronométrée. L’Espagnol, grâce à son maillot jaune, se sublima pour arriver treizième du contre-la-montre, mais ce fut finalement l’Australien qui surprit par sa performance mi figue-mi raisin dans la contre-la-montre : huitième, il payait visiblement la fatigue de la huitième semaine. Cependant, il faut bien dire que contrairement à ce que prétendaient les observateurs, ce n’est pas non plus le grand coureur de contre-la-montre. Il n’en a jamais gagné sur le Tour, tout comme les étapes en ligne. Le coureur est néanmoins sympathique, et aurait fait un bon vainqueur de ce tour de transition. Laissons Carlos Sastre, qui fut équipier de gros leaders (dopés plus ou moins reconnus : Ivan Basso, Tyler Hamilton, Laurent Jalabert), prendre sa chance, et conclure le travail d’équipe des CSC, menés par Bjarne Riis, ancien vainqueur dopé du Tour de France. Notons que Bernard Kohl, l’Autrichien de Gerolsteiner réussit à conserver sa troisième place et son maillot à pois. Il sera sur le podium contrairement à Denis Menchov, quatrième et qui doit regretter des petits débours de temps dans la plaine ou les descentes, Christian Vandevelde, cinquième (grâce à sa quatrième place dans le chrono) et Franck Schleck, rétrogradé finalement à la sixième place. Son frère est 12éme du général et meilleur jeune. Le bon tour des Luxenbourgeois est complété par la bonne performance de Kim Kirchen, ancien porteur du maillot jaune, et finalement huitième du général, juste derrière Samuel Sanchez et devant Alejandro Valverde. En dixième et onzième position, on trouve les deux coureurs d’Ag2R, Tadej Valjavec et Vladimir Efimkin. Le meilleur Français est Sandy Casar, quatorzième, juste devant Amaël Moinard, quinzième.

            Les bonnes places des Français dans les grosses étapes et le rythme un peu moins fort que les années précédentes aussi bien dans les montées sèches que dans les contre-la-montre, où personne ne se montra écrasant, laisse à croire que le dopage a été limité dans ce Tour, même si il ne faut pas se leurrer : il existe toujours, plus ou moins rampant. Il y eut quatre cas de dopages détectés : les espagnols Beltran et Moises Duenas, l'Italien Ricardo Ricco, et finalement Fofonov, le Kazakh à la fin du Tour. Concernant Ricardo Ricco, dont l'exclusion a entraîné le départ de son équipe du Tour, le licenciement de son compagnon de chambrée et visiblement de dopage, Leonardo Piepoli, et le retrait du sponsor Saunier-Duval du cyclisme, il vient d'avouer s'être dopé. Mais, seulement cette fois-ci, et tout seul. Une façon de circonscrire l'affaire à l'évidence. Ce n'est pas aujourd'hui que la loi de l'omerta qui a cours dans le dopage sportif, comme dans tout réseau mafieux, finira. Ricardo Ricco devrait avoir au plus deux ans d'exclusion, et il reviendra, tout comme Ivan Basso.
           N'oublions pas que ce tour de la bascule était peut-être la meilleure chance pour Carlos Sastre ou Cadel Evans d'inscrire leur nom au palmarés, puisque l'année prochaine, on devrait revoir Ivan Basso, Alberto Contador, Andreas Klöden et autres Levi Leipheimer..

Lundi 21 juillet 2008
    Dimanche, belle fin d'étape pour accéder à la station de ski italienne de Prato Nevoso.

    Comme prévu par les observateurs, le col d'Agnel était certes haut et classé hors-catégorie, mais suivi de 100 km de plat et trop loin de l'arrivée pour provoquer une bagarre. Le peloton l'a monté à allure modérée, les leaders essayant d'éviter de perdre trop de coéquipiers, ce qui a fait le bonheur du petit groupe d'échappées qui s'était détaché juste avant la montée : Egoi Martinez, l'Espagnol d'Euskatel José-Luis Arrietta, l'Espagnol d'Ag2R, Danny Pate, l'Américain de garmin Chipotle, bientôt rejoints par Simon Gerrans , l'Australien de Crédit Agricole. Plus de dix minutes d'avance sur le peloton au sommet du col pour eux, écart qui a encore monté suite au ralentissement du peloton choqué par la chute d'Oscar Pereiro (sept mètres plus bas dans un lacet de la descente). L'ancien vainqueur du Tour 2006 (ce qu'on peut seulement dire depuis cette année et le déclassement de Floyd Landis) ne pourra donc pas dynamiter la course, lui qui semblait avoir de bonnes jambes (en témoigne sa tentative d'échappée dans l'étape de Foix), et ses fractures le priveront aussi de Jeux Olympiques. JO de Pékin, qui seront en revanche la tasse de thé de l'homme de Man, Marc Cavensidh ayant officiellement décidé d'abandonner.

    Revenons-en à l'étape Embruns-Prato Nevoso, qui arrivait donc en Italie. Sans doute l'étape où les Français furent les plus discrets lors de ce Tour. On vit bien Thomas Voeckler pointer le bout de son nez pour prendre la cinquième place au sommet du Col d'Agnel, capitaliser quelques points pour le maillot à pois, et prendre une minute d'avance sur le peloton en début de descente. Mais, seul à plus de 10 minutes des échappés, il comprit bien vite que c'était du chasse-patate. Donc, pas de Français, ni dans l'échappée du Jour, ni dans l'explication finale entre leader, Stéphane Goubert et Sandy Casar terminant à une honnête place dans les vingt premiers, mais loin de la bagarre.

      Il y eut donc deux batailles physiques et tactiques, deux histoires dans cette fin d'étape.

     La bagarre pour la victoire d'étape : Egoi Martinez était à priori le plus fort, et en général, quand on a une arrivée au sommet comme celle-ci, ça suffit. On voit souvent le plus grimpeur des échappés s'envoler et quitter ses camarades. Visiblement, Egoi martinez n'était peut-être pas tant supérieur en qualité de grimpeur que ses compagnons d'échappée, car sa première accélération lâcha certes José-Luis Arrietta, mais ne lui permit de prendre que quelques mètres sur Danny Pate, lui même quelques mètres devant Simon Gerrans. Et, contrairement aux meilleurs grimpeurs, Egoi Martinez ne parvint pas à en remettre une seconde couche. Dany Pate, qui avait pourtant donné l'impression à ses compagnons d'échappées et aux observateurs d'être au bout du rouleau au bas de la montée, parvint à recoller. Egoy Martinez était fort marri de se retrouver avec cette sangsue. Il mena l'essentiel de la montée, cédant quelques relais à Danny Pate. Simon Gerrans, de retour lui aussi, ne put prendre aucun relais, car il s'accrochait difficilement, à moins qu'il soit en train d'appliquer la tactique de bluff utilisée par Pate dans la vallée. Bref, dans cette côte irrégulière, on se retrouva avec trois hommes menés par Egoi Martinez qui parvenait à assurer un bon train, mais pas à accélérer de façon tranchante. Il essaya encore une ou deux fois, mais il ne réussit j'amais qu'à prendre une dizaine de mètres, avant que les autres retrouvent sa roue. Et, ce fut finalement le meilleurs puncher, qui s'imposa lors du sprint au sommet, à savoir Simon Gerrans l'Australien. Egoi Martinez deuxième. Danny Pate troisième; José-Luis Arrieta n'arriva pas loin, quarante secondes plus tard. Je ne sais pas si le coureur d'Ag2R songea à un moment de la montée qu'il pouvait rejoindre les autres, mais en tout cas, il n'a sans doute pas baissé les bras, car sa performance permettait à l'équipe d'Ag2R de bien se classer sur cette étape. Deuxième du général du classement par équipes derrière la CSC, le groupe français réussit à conserver sa place, et même à réduire un tout petit peu l'écart. En effet, avec la quatrième place d'Arrieta avec quatre minutes d'avance sur les meilleurs du peloton, et la plutôt bonne montée de Stéphane Goubert, Tadej Valjavec et Vladimir Efimkin (six minutes de retard environ), Ag2R fur première de cette étape, juste devant la CSC, qui elle eut trois hommes forts (entre quatre et cinq minutes de retard) avec Carlos Sastre, Franck et Andy Schleck.

   La bagarre pour le classement général : Parlons donc de ces hommes forts. Dans un peloton, qui suite à la chute d'Oscar pereiro et la chute collective à un rond point à Cuneo, regroupait pratiquement tous les coureurs à cinquante kilomètres de l'arrivée, les CSC décidérent d'imprimer un bon train, en faisant rouler tour à tour les équipiers dans leur ordre de qualité en montagne. Stuart O'Grady le puncheur australien dans la petite bosse de troisième catégorie à 25 km de l'arrivée, Arvesen le vainqueur d'étape norvégien Fabian Cancellara le gros rouleur suisse dans la plaine avant le col, Jens Voigt le battant Allemand dans l'avant-col prirent tour à tour le relais avant de lâcher prise quand ils étaient usés. Au début du col, ce fut au tour d'Andy Schleck, le jeune (qui a perdu tout espoir de gagner le Tour dans l'"étape de Lourdes-Hautacam) d'accélérer. Et, là tout de suite, la sélection se fit. Devant ses supporters Damiano Cunego le leader italien de la Lampre ne put suivre. Pas non plus de Kim Kirchen (le Luxembourgeois de Team Columbia, 7éme du général), Vladimir Efimkin (le Russe d'Ag2R, huitième du général), ou de Vincenzo Nibali (l'Italien meilleur jeune de la Liquigas), repoussés dans un second groupe, derrière la maillot jaune. Car Cadel Evans, privé de son coéquipier de Silence-Lotto, Jaroslav popovych qui ne pouvait pas non plus suivre, était bien dans la roue de ses adversaires. Le groupe mené par Andy Schleck comprenait donc les six premiers du général (dans l'ordre) l'Australien Cadel Evans,  le Luxembourgeois Franck Schleck, l'Américain Christian Vandevelde , l'Autrichien Bernard Kohl, le Russe Denis Menchov, et l'Espagnol Carlos Sastre. Avec eux, il y avait aussi Alejandro valverde, l'Espagnol, leader de la Caisse d'Epargne, Samuel Sanchez l'Espagnol aussi et Roman Kreuziger le tchéque. Un tour très international donc ! Tous les coureurs étaient seuls pour leur équipe, sauf la CSC, avec ses trois coureurs, Andy et Franck Schleck et Carlos Sastre. Celui-ci mit une accélération, que Kohl suivit. Se calant dans la roue de Denis Menchov, Cadel Evans revint. Tout le monde revint d'ailleurs, même Andy Schleck, qui n'avait donc pas fini son travail ou les coureurs qui faisaient le plus l'accordéon, Vandevelde, Kreuziger et Sanchez. Après les accélérations de début de montée, tout le monde se regardait. Cadel Evans était très méfiant et s'occupait surtout de surveiller Franck Schleck qui n'était qu'à une seconde au général de lui. Quelques coureurs relancèrent le rythme, par des accélérations épisodiques, mais celui qui fut le plus en tête fut Andy Schleck, qui travaillait pour ses leaders. A mi-pente, une accélération fut tranchante : ce fut celle de Denis Menchov. Il avait pris une cinquantaine d'avance sur Andy Schleck puis le groupe maillot jaune, quand il glissa dans le virage. Plus de peut que de mal, mais il se retrouva derrière le groupe maillot jaune qui n'accéléra pas et lui permit de revenir. A ce stade, Cadel Evans tenait bon. On ne le sentait pas forcément le plus explosif, car on voyait qu'il avait parfois répondu aux attaques avec un petit temps de retard. Mais, il n'était pas perdu physiquement. Pas non plus tactiquement (il avait bien insisté dans les conférences de presse qu'il lui faudrait avoir de la tête, car il s'attendait à être attaqué par les CSC) Sa stratégie c'était donc avant tout de bien surveiller Franck Schleck, puis en cas d'attaque d'autres coureurs, ne pas s'affoler et se mettre dans le rouge, mais regarder si d'autres coureurs ne réagissaient pas, et essayer de se faire ramener par ceux-ci. Cadel Evans n'est pas un coureur d'à-coups. Finalement à trois km de l'arrivée, un coup réussit à partir sans le maillot jaune. C'était Carlos Sastre qui avait attaqué, Bernard Kohl qui avait suivi. Puis Denis Menchov, et enfin Alejandro Valverde. Cette fois-ci Cadel Evans n'avait pu suivre. Il ne s'affola pas pourtant et participa à l'avancée de son groupe, se calant parfois dans la roue de Roman Kreuziger et Samuel Sanchez, et surveillant Franck Schleck, dont le frère Andy ne roulait plus, et pour cause le co-leader de la CSC, Sastre était échappé. Sastre, qui collaborait avec Menchov, Kohl et Valverde qui voulaient eux aussi prendre le plus d'avance. Bernard Kohl était très motivé puiqu'il savait que les trois premiers du général étaient repoussés derrière. Et, pour se donner toutes les chances de prendre la maillot jaune, l'Autrichien donna tout ce qu'il a en accélérant dans les deux derniers kilomètres,provoquant le lâchage de Menchov puis de Valverde. Sastre termina sixième de l'étape bien calé dans la roue de Kohl. Mais le maillot jaune se jouait aussi juste derrière. Franck Schleck, encouragé par son frère, avait attaqué dans les derniers hectomètres, et distancait de neuf secondes Cadel Evans. Le maillot jaune lui revenait donc, sept secondes devant Bernard Kohl et huit secondes devant Cadel Evans. Trois coureurs en moins de dix secondes, et  même six coureurs en moins de cinquante secondes, avec Denis Menchov replacé quatrième à trente secondes, Christian Vandevelde, cinquième et Carlos Sastre, sixième. De si petits écarts au début de la troisième semaine, de quoi faire jaser les observateurs, qui ne s'attendaient pas à avoir une fin d'étape aussi intéressante. Une course de côte avec un col de première catégorie, avait dit Laurent Fignon. Mais, justement, le fait que la montée de Prato nevoso soit courte, mais avec des irrégularités, que les écarts étaient minimes avant l'étape, a rendu la course intéressante et explique son verdict. Beaucoup de coureurs peuvent croire encore à un beau destin. Alors, ils se battent, et ce pour la moindre seconde, là où à l'époque où un leader écrasait le Tour (genre Lance Armstrong), il s'envolait dans la dernière étape et les écarts se chiffraient en minutes. Finalement, parfois, ce n'est pas mal que les niveaux soient homogènes.


        Le plus Alléchant à venir

       Les deux étapes alpestres, avec une arrivée en descente et une arrivée en montée (l'Alpe d'Huez) qui viennent sont toutefois très difficiles : les derniers cols sont des hors-catégorie, et s'enchaînent sans trop de plat, après d'autres grands cols. Même si la course ne se décante que lors du dernier col (le temps des offensives de leader partant de loi est malheureusement révolu), il pourrait bien y avoir certains des prétendants éliminés de la course au maillot jaune.
      Notons pour être complet que Kim Kirchen et Vladimir Efimkin ont pour l'instant conservé leur septième et huitième place, et que Alejandro valverde s'est replacé à la neuvième place (tous ces hommes étant à moins de cinq minutes du maillot jaune) L'ancien favori numéro 2 du Tour, en cas de grand numéro, peut revenir dans la course.
         Mais, examinons les six principaux prétendants.

       Cadel Evans a peut-être perdu le maillot jaune, mais en l'état des choses, compte-tenu du contre-la-montre de samedi, il reste en position pour s'imposer. Il va lui falloir avoir de bonnes jambes dans les Alpes, et qu'il s'accroche pour ne pas laisser trop de champ à ses adversaires. Avoir une minute de retard au sortir des Alpes sur un maillot jaune grimpeur pourrait être suffisant.
       Denis Menchov est un candidat sérieux. De plus, il n'est pas trop limité en contre la montre, et si c'est lui qui a une minute d'avance sur Cadel Evans au sortir des Alpes, ce sera peut-être perdu pour l'Australien. Comment le Russe peut-t-il se rapprocher encore un peu du maillot jaune dans les Alpes ? Lui faut-t-il attaquer, lui qui est plutôt discret ? Ou lui faut-t-il suivre les attaques des grimpeurs ? Le coureur de la Rabobank est énigmatique, mais s'il y avait un coureur qui faisait une Lance Armstrong dans cette fin de Tour, ce ne serait pas surprenant que ça soit lui.
        Bernard Kohl est deuxième du général. Le maillot jaune est à portée de doigt, et il aime la montagne. Il s'est d'ailleurs emparé du maillot à pois. On ne l'attendait pas aussi bien placé, lui même non plus. Et, dans ce genre de configuration, on s'attend toujours à voir le rêve cesser. En tout cas si il a de bonnes jambes dans les étapes qui viennent, il attaquera. Il n'est pas favori pour le maillot jaune, mais favori pour le maillot à pois, certainement.
          Christian Vandevelde est cinquième. je me trompe peut-être, mais je sens qu'il sera éjecté de la course au maillot jaune lors des prochaines étapes, où à un moment il ne pourra plus suivre dans les cols. Mais, si jamais il se débrouillait bien dans les Alpes, tous les espoirs lui serait permis, car c'est un bon rouleur contre-la montre.
           Enfin, Franck Schleck et Carlos Sastre, favoris au même titre que Denis Menchov et Cadel Evans. Ils sont de la même équipe, et sont plutôt grimpeurs. Donc, ils seront obligés d'attaquer en montagne. Et, il faudra à l'équipe CSC, coachée par Bjarne Riis, être forte physiquement (ce qui pour l'instant est le cas) et tactiquement, ce qui est aussi pour l'instant le cas, comme on a pu le voir à Prato Nevoso, où ils ont atteint leurs objectifs : maillot jaune pour Schleck, rapproché au général pour Carlos Sastre. Cela dépendra bien sûr de la forme de chacun, mais deux grands choix tactiques sont possibles pour les CSC :
         -La bourrine : Carlos Sastre peut accélérer avec dans sa roue le maillot jaune Franck Schleck en espérant lâcher tout le monde. Ca peut permettre à la CSC d'assommer le Tour, et d'envisager un doublé. Mais, il ne sera pas facile de lâcher tout le monde, et si un petit malin parmi les adversaires a de meilleures jambes, il peut contrer et laisser sur place les deux hommes. Cette tactique s'applique de préférence dans le dernier col, à moins de vouloir rejouer un final à la Hinault-Lemond à l'Alpe d'Huez en 1985(les deux hommes coéquipiers avaient pris cinq minutes d'avance - oui, les écarts étaient énormes à cette époque - au pied de la dernière montée et avaient gravi ensemble les virages légendaires. Hinault faisant le train pour son coéquipier américain maillot jaune, partagé entre son sens du devoir, et le rêve qu'il aurait pu entrevoir de gagner un sixième Tour de France)
         -La vicieuse :  faire échapper Carlos Sastre, et cesser de faire le travail en tête du peloton, voir la réaction des adversaires. En cas de poker menteur, c'est tout bon pour Carlos Sastre. Si en revanche, ils s'entendent et se mettent à rouler fort, cela peut être l'occasion de les fatiguer pour que Franck Schleck place un contre. Cette tactique repose donc sur un pari de ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. Cela peut frustrer un des deux leaders, quand bien même on dira que l'important c'est la victoire de l'équipe. Cette tactique peut se mettre en place dans les premiers cols, ce qui permet d'avoir une course intéressante très tôt, avec du suspense. Mais, il ne faut pas avoir peur que les écarts soient finalement creusés à ses dépens. Cette tactique est aussi valable dans le dernier col, auquel cas la configuration n'est plus les coéquipiers l'un dans la roue de l'autre, mais celle du sandwich ou de la tenaille, autour des adversaires.
       Notons pour finir qu'une des pièces maîtresses de la tactique des CSC sera Andy Schleck, qui ne peut plus gagner le tour de France, mais peut donner un sacré coup de main pour dynamiter la course.

          Pour finir un petit casse-tête pour vous : le tour de France 2009 partira de Monaco. Alors, comment ne pas mettre trop de difficultés dans la première semaine (pour ne pas faire râler les sprinters), passer par les Alpes, passer par les Pyrénnées, passer par le tiers Nord-Est de la France (laissé de côté cette année), le tout en minimisant les transferts par avion, voiture,... ?
Dimanche 20 juillet 2008
            

                Mark Cavendish et Ricardo Ricco ...        


            Mark Cavendish et Ricardo Ricco ont en commun d’êtres tous les deux jeunes : âgés de moins de 23 ans, ils concourent pour le maillot blanc. Ils ont aussi en commun d’avoir impressionné la caravane en frappant plusieurs fois dans ce Tour. En revanche, leurs caractéristiques sont différentes. D’un côté, Ricardo Ricco, Italien de la Saunier Duval, est un grimpeur avec un poids plume et un démarrage impressionnant dans les cols. De l’autre Mark Cavendish, l’Anglais de la Team Columbia, est un sprinter avec une puissance énorme et une adresse héritée de la piste dans l’emballage final.

            Je vous avais laissé dans le précédent billet , sur une victoire de Marc Cavendish à Chateauroux dans le premier sprint massif à plat. Et, c’est Ricardo Ricco qui lui a succédé sur le podium du vainqueur d’étape le jour suivant alors que le Tour abordait le Massif central. Dans une étape qui a commencé avec une échappée de trois Français : Freddy Bichot, Sylvain Chavanel (qui s’empara ainsi du maillot à pois en égalisant avec le nombre de points de Thomas Voeckler, l’ancien possesseur) et Benoît Vaugrenard, tout s’est joué entre un peloton réduit dans la montée de la station de SuperBesse. Et ; à ce petit jeu là l’accélération de Ricardo Ricco était la plus tranchante, ce qui lui permettait de précéder Alejandro Valverde et Cadel Evans de deux secondes, et d’autres groupes d’hommes forts de quelques secondes. Là où se jouait aussi avec une chute de Stefan Schumacher à trois cent mètres de l’arrivée le sort du maillot jaune, qui tombait ainsi sur les épaules de Kim Kirchen, aussi maillot vert à cette époque.

            On retrouvait une nouvelle fois la succession : Marc Cavendish gagne l’étape de sprint à plat, et Ricardo Ricco la suivante, premier contact avec un nouveau massif montagneux : en l’occurrence Toulouse sous la pluie pour le Britannique, et Bagnères de Bigorre dans les Pyrénées pour l’Italien. Une victoire obtenue après une descente, et surtout une montée du col de Peyresourde, animée dès le pied pour le groupe des favoris. C’est Schumacher, fort marri d’avoir perdu son maillot jaune sur chute, qui avait lancé la première banderille. Puis, les Saunier Duval, Ricardo Ricco et Leonardo Piepoli s’étaient portés en tête. On retrouvait même Alejandro Valverde, un moment détaché. Après une période d’accalmie, où tout le monde se regroupa autour de Kim Kirchen et Cadel Evans, à part quelques coureurs moins dangereux qui ne prirent jamais plus d’une centaine de mètres sur le peloton maillot jaune, Ricardo Ricco relança une franche attaque. Il avala les courageux partis dans le premier col de l’étape, notamment Sébastien Lang, et se retrouva avec près de deux minutes d’avance au sommet du col sur le peloton maillot jaune. Celui-ci fort d’une trentaine de coureurs ne put reprendre l’Italien, qui cueillit ainsi sa deuxième victoire.

            Mais, quelques jours plus tard, Marc Cavendish reprit la tête au nombre de victoire sur ce Tour en l’emportant à Narbonne. Ricardo Ricco ne put lui succéder l’étape suivante, puisqu’il fit la une des gazettes d’une autre manière : testé positif à l’EPO lors du contre la montre, il fut exclu du Tour. Le troisième coureur rattrapé par la patrouille, après Manuel Beltran l’Espagnol de la Liquigas dans le Massif Central, contrôlé positif lors de la première étape, « un ancien qui n’avait pas compris que les pratiques des années EPO étaient révolues » selon le discours officiel, et Moises Duenas, un Espagnol de Barloworld, déjà plus jeune, dont l’annonce du contrôle positif lors du contre-la montre a eu lieu un jour plus tôt que Ricardo Ricco. L'Italien de 23 ans faisait partie de la vingtaine de coureurs ciblés, car présentant au départ du Tour de France un taux d’hématocrite haut, pas au point d’être répréhensible, mais en tout cas fortement suspect. Si la Liquigas et la Barloworld (qui connut quand même une succession d’abandons) ne se retirèrent pas de la course, la Saunier Duval, elle s’arrêta là. Cette équipe avait mis l’animation dans les Pyrénées, avec le maillot à pois de David de la Fuente, repris ensuite par Ricardo Ricco dans la deuxième étape pyrénéenne à Lourdes-Hautacam, où s’imposaient deux autres coureurs de l’équipe : Leonardo Piepoli devant José Cobo Acebo. Mais, désormais, c’était fini. Leurs performances devenaient suspectes. En particulier, celles de de Leonardo Piepoli, le copain de chambrée de Ricardo Ricco. L’alliance du vieux et du jeune, qui travaillaient en course l’un pour faire gagner l’autre et vice-versa, et s’échangeaient visiblement d’autres bon procédés, cette fois-ci chimiques, sanguins et répréhensibles le soir.

            Puisque Ricardo Ricco ne pouvait gagner à Nîmes, ce fut Marc Cavendish qui récidiva. Malgré l’échappée de Florent Brard et Nikk Trerspra, on eut en effet encore le droit à une arrivée massive. Et, Cavendish était décidément le plus fort. Thor Hushovd et Oscar Freire arrivent seulement à faire des places, tout comme Eric Zabel, l’un des doyens du peloton. Rob Hunter le Sud-Africain et surtout Robbie Mac Ewen l’Australien, ne sont pas aussi forts que l’année dernière. Pour le dernier cité, le fait que l’équipe Silence Lotto travaille avant tout pour le favori du Tour, Cadel Evans, n’explique pas tout. Après n'avoir pas fait mieux que dixième lors des sprints précédents, Mac Ewen a quand même réussi à faire deuxième à Nîmes. A noter aussi les bonnes places dans les trois premiers des sprints massifs pour les Français  juste derrière Cavendish : Jimmy Casper à Toulouse, Sébastien Chavanel à Narbonne, et Romain Feuillu à Nîmes. Malgré ses quatre victoires, l’Anglais n’est pas encore maillot vert. Le possesseur ce maillot dans le Midi est Oscar Freire, qui a récolté des points plus régulièrement, et vient de reprendre une bonne longueur d’avance en gagnant à Digne les Bains au cours d'un sprint dans un peloton d’une centaine de coureurs, que n’avait pu suivre Marc Cavendish lâché dans la petite bosse à dix kilomètres de l’arrivée. Les observateurs pensent que l’Anglais ne ralliera pas Paris et abandonnera dans les Alpes, qui seront dures cette année, ce qui lui permettra de préparer les Jeux Olympiques.


             ..et les autres

            Parlons un peu des étapes que n’ont pas gagnées Ricardo Ricco et Marc Cavendish pour faire le point sur les autres coureurs encore en course.

            Entre Super-Besse et Toulouse, il y eut une autre étape dans le Massif Central, au cours de laquelle Christophe Moreau abandonna bizarrement. C’est l’Espagnol Luis Leon Sanchez de la Caisse d’Epargne qui gagna à Aurillac, parti dans la descente après s’être d’abord échappé dans un petit groupe, qui fut repris par le peloton des favoris, au sommet de la dernière montée. Ce jeune coureur dit qu’il espère avoir une progression constante pour un jour jouer les premiers rôles, à la manière d’un Miguel Indurain. Cet étape n’a pas trop bouleversé le classement général, puisque Kim Kirchen, le maillot jaune est arrivé dans le groupe des favoris réglé par Filippo Pozzato, avec notamment Stefan Schumacher, Cadel Evans, et Alejandro Valverde, mais sans Damiano Cunego, qui a connu une journée difficile.

            L’étape la plus déterminante depuis le début du Tour fut en fait Pau-Hautacam. Tandis que le français Rémi Di Gregorio de la Française des Jeux quittait ses compagnons d’échappée et passait en tête le col du Tourmalet, ça bougeait derrière dans le peloton des favoris. Menée par les CSC de Carlos Sastre, Franck et Andy Schleck, Jens Voigt, et Fabian Cancellara, échappé auparavant, et qui donna un gros coup de main à ses leaders dans la descente et la plaine, une partie de manivelle repoussa dans un second peloton Damiano Cunego et..Alejandro Valverde, qu’attendit Oscar Pereiro Sio. Le peloton des favoris, qui contenait toujours le maillot jaune Kim Kirchen, revenait à une minute de Rémi di Gregorio au pied de Hautacam. Le Français était avalé par le groupe que quittait l’aîné des frères luxembourgeois Schleck, Franck par l’avant, et le cadet, Andy par l’arrière. Franck Schleck dans son attaque était accompagné de Leonardo Piepoli, puis rejoint par José Cobo Acebo. Comme je l’ai déjà évoqué, les deux Sauniers Duval arrivèrent ensemble au sommet en tête, la victoire allant à Leonardo Piepoli, tandis que José Cobo Acebo voyait ainsi sa place de leader de l’équipe confortée. Franck Schleck lâché dans les derniers kilomètres, arrivaient trente minutes plus tard. Puis, venaient Bernard Kohl, l’Autrichien de la Gerolsteiner, et Vladimir Efimkin, le Russe d’Ag2R, puis le groupe de Cadel Evans, Denis Menchov, Ricardo Ricco, Carlos Sastre et Christian Vandevelde. Non loin derrière le meilleur français, Stéphane Goubert, d’Ag2R, arrivait le maillot jaune, Kim Kirchen. Il était dépossédé de sa tunique par Cadel Evans, premier du classement général pour une seconde devant Franck Schleck.

Cadel Evans en jaune à Digne les Bains

    Classement décidément très serré, puisqu’on retrouve dans la même minute l’étonnant américain de Garmin Chipotle, Christian Vandevelde, le grimpeur autrichien Bernard Kohl, et le leader Russe de la Rabobank, Denis Menchov. Carlos Sastre, coleader de CSC avec Franck Schleck, n’était pas loin aussi. Kim Kirchen était désormais septième du général, juste devant José Cobo Acebo et Ricardo Ricco, qui ne figurent désormais plus au classement, pas trop modifié par les étapes suivantes : celle qui fut favorable à un groupe d’échappés à Foix, avec la victoire du champion de Norvège de CSC, Arvesen, le Français Amaël Moinard qui s’était échappé en solitaire dans la montée la plus dure de l’étape ayant été repris, et les étapes remportées par ses sprinters : Cavendish deux fois et Freire. Le maillot vert est donc la propriété de ce dernier, tandis que Cadel Evans l’Australien peut se régaler d’être en jaune et de pouvoir embrasser les petits lions Crédit Lyonnais. Suite à l’exclusion de Ricardo Ricco et du retrait de son équipe, le maillot à pois est désormais la propriété de l’Allemand Sébastien Lang, juste devant son coéquipier de la Gerolsteiner, Bernard Kohl, et le maillot blanc de meilleur jeune est sur les épaules du discret Italien Vincenzo Nibali, dixième du général. Il va lui falloir bien se battre pour le conserver face au tchéque Roman Kreuziger de Liquigas et le Belge Maxime Montfort de Cofidis, qu’on a déjà vus en évidence dans les Pyrénnées, et Andy Schleck, qui pourrait se refaire la cerise.

 

 

            Quant au maillot jaune, tout reste encore à faire.

 

       PS : pour ceux qui aiment le foot, n'oubliez pas le petit sondage : http://www.123votez.com/sondages/sondage-gratuit-18007_32677.php

Vendredi 18 juillet 2008

             Nos sociétés sont parcourues de nombreuses tensions, qui conduisent à des montées de violence. C’est le travail de la justice de mettre de l’ordre dans cela en punissant dans la mesure du possible les délits. Racisme, antisémitisme et homophobie appartiennent au vocabulaire des jugements.

Le racisme est-t-il réellement une circonstance aggravante d’un crime ? Je pense que tuer quelqu’un à cause de sa couleur de peau, son sexe, sa religion, sa taille, ça peut tout simplement être classé comme crime gratuit, c'est-à-dire des crimes sans circonstances atténuantes, ni même explications, encore moins défendables donc en général que les meurtres passionnels, comme l’assassinat de Laroche par Jean-Marie Villemin ou même que les crimes crapuleux, du genre de ceux d’Alfredo Stranieri ( j’ai vu récemment un « faites entrez l’accusé » consacré à ce « voleur de vies » ). Après, au-delà du mobile de l’acte, je ne parlerai pas des autres circonstances que les jurys doivent examiner : de sang froid ou pas, volontaire ou pas, de légitime défense ou pas. Je rappelle en tout cas qu'au-delà même de toutes considérations religieuses (je ne vous ai toujours pas fait l’article sur la religion promis), le commandement « tu ne tueras point » reste pour moi un fondamental.

D’ailleurs, mon propos n’est pas de parler forcément des cas de morts d’homme, mais de l’ensemble des inculpations et jugements où le racisme est invoqué pour qualifier des faits.

            Ainsi, lors des événements malheureux des buttes Chaumont, où un jeune Juif Rudy a été récupéré dans le coma après avoir été molesté par une bande ethnique, on a d’abord retenu le qualificatif « coups et blessures en bande pouvant entraîner la mort, aggravé par antisémitisme ». L’enquête a montré que ce qui est arrivé résultait plutôt d’un énième affrontement entre bandes rivales, qui s’opposent pour des raisons de territoire et surtout d’appartenance à une communauté : juive, noire,.... On pourrait donc plutôt parler de coups et blessures en bandes communautaires ayant pu conduire à la mort. Quoi qu’il en soit, cela mérité d’être jugé et surtout combattu, car dans ce genre de situations pourries, il sera impossible de savoir qui a commencé. La vraie question étant donc de savoir comment on peut juguler puis interrompre ces haines et ces agissements

            On se félicitait encore récemment que les affrontements de bande en banlieue, qui avaient fait l’actualité en débordant sur Paris, n’opposent pas des groupes ethniques, mais des jeunes qui se rassemblaient selon leur quartier. Pas que cela soit beaucoup plus intelligent de se taper dessus parce que l’un est de Sarcelles et l’autre du Blanc Mesnil, mais au moins le risque est circonscrit territorialement. Il ne peut y avoir identification d’autres protagonistes. Et, c’est un peu moins difficile de changer de domicile que de couleur de peau. Cependant, et les événements des buttes Chaumont le prouvent, la dérive communautariste, comme aux Etats-Unis est à craindre.

            En effet, si je disais que à mon sens racisme=absence de raison pour un acte délictuel, il n’en reste pas moins que ce qui touche à la stigmatisation d’une communauté est condamnable. Ce qui est effectivement peut-être un délit spécifique, c’est l’incitation à la haine raciale : puisqu’il s’agit en jetant de l’huile sur le feu ou en allumant soi-même un brasier, d’ouvrir la brèche aux événements les plus graves. C’est un acte politique qu’on doit combattre, y compris par les moyens de la justice. Quand le Ku Klux Klan dit qu’il faut brûler les noirs, quand on peint des « Juden » sur les devantures des magazins tenus par les Juifs, quand le président Zimbabwéen traite les fermiers blancs de citoyens de seconde zone qu'il faut exproprier, quand on dit « tous les bougnoules sont des sales voleurs », quand on émet des cris de singe dans un stade dés qu' joueur noir touche la balle, il faut savoir sévir pour circonscrire l’incendie de la haine et de la bêtise. Je me méfie pas mal du politiquement correct, et ce serait ridicule de condamner des gens dès qu’ils disent un mot de travers, même quand celui-ci est monté en épingle dans les médias. Néanmoins, je crois que pouvoir considérer l’injure publique à caractère racial comme un délit est salutaire, car ça permet d’adresser des cartons jaunes à des gens qui dérivent sur une mauvaise pente. L’important étant d’obtenir du contrevenant des excuses sincères.

 

            PostScriptum : L’alliance entre les trois extrêmismes :

            En parlant de déclarations à la limite du politique correct, l’actualité récente rappelle à notre souvenir Dieudonné. J’aime plutôt bien son humour, mais il faut reconnaître que l’homme file un mauvais coton Si « IsraHeil » est un jeu de mots qui peut me faire rire, quand il tient ses propos sur la pornographie mémorielle, on peut dire qu’il dérape, car là, il n y a plus d’humour. Je crois qu’on peut rire de tout, mais il faut savoir éviter de se prendre au sérieux. Or, les dérapages de Dieudonné, à force de s’accumuler, ressemblent moins à une liberté de ton qu’à une politique intentionnelle : on se met à la limite du répréhensible, pour tester les autorités, on fait monter un climat délétère, et on se regroupe entre victimes du complot Juif.

          L’actualité qui fait jaser, c’est donc le baptême du quatrième enfant de Dieudonné par le prêtre traditionnaliste Philippe Laguérie avec pour parrain Jean-Marie le Pen. En passant, je vais donc évoquer ce sujet, qui n’était pas prévu quand j’ai commencé à rédiger ce billet.

             Au-delà des affinités personnelles qui ont pu se créer entre les trois hommes, qui étaient pourtant très éloignés il y a 5 ans, cet acte a une valeur symbolique. Il marque l’alliance entre différents extrémismes :

          -L’extrémisme tiers-mondiste antisioniste qui dérive vers l’antisémitisme : celui qu’on qualifie parfois de « rouge brun ». Sous couvert de défense de la cause palestinienne, certains vont plus loin dans la haine du Juif, remettant au goût du jour tous les stéréotypes de l’antisémitisme. On peut parler des diatribes véhémentes de la porte-parole des Indigènes de la République, des positions du philosophe Alain Soral, et des dérapages de Dieudonné

     -L’extrémisme ultracatholique : puritain, pourfendeur des comportements immoraux, conservateur et réactionnaire en ce qui concerne les mœurs, et fermé aux autres cultures, religions et athéismes.

           -L’extrémisme poujadiste, populiste, plus attrape-tout, qui consiste à se saisir de sujets chauds d’actualité, comme l’immigration pour montrer du doigt des bouc-émissaires et faire de la démagogie. Cela a été la ligne principale du Front National. Même si le mouvement était aussi composé de certains idéologues proches des ultras catholiques, même si Jean-Marie le Pen avait sans doute lui-même quelques convictions traditionnalistes profondes, il suivait l’air du temps sur une ligne racisme France profonde. Et, sa fille, Marine le Pen, pas opposée à l’avortement, va encore plus loin dans l’abandon de l’idéologie sur ce sillon populiste

 

            Ce qui rapproche ces trois extrémismes qui ont pu et peuvent encore s’opposer, c’est finalement l’antisémitisme. Bref, il s’agit d’une alliance qui se construit sur la haine, mais je ne crois pas qu’elle soit si pérenne que cela. Ce n’est pas un hasard si les trois hommes ont voulu rester un peu discrets. Pas sûr que certains amis intégristes et tiers-mondiste de Dieudonné goûtent beaucoup cette affichage catholique, cette religion considérée comme un outil de domination de l’Occident sur le Tiers-Monde. Pas sûr non plus que les bigotes de la paroisse de Saint-Eloi apprécie beaucoup ce trublion qui a fait un spectacle en l’honneur de Judas où il se moquait du Christ. Et, pas sûr qu’au Front National, on ne se lasse pas de ce baroud d’honneur dans les provocations (retour du détail de l’histoire, plaisanterie sur les Chtis joués par des acteurs d’origine arabe) de Jean-Marie Le Pen.

 

            Je voudrais terminer cet article où j’ai essayé de poser calmement les choses en ce qui concerne le racisme, en disant qu’il ne faut pas aller trop loin dans la distinction antisémitisme, islamophobie, racisme anti-français… L’ensemble ressort surtout de la bêtise, de l’intolérance qu’il faut combattre par les armes répression et prévention. On ne doit pas tant se battre contre les racistes, que contre le racisme.

 

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